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Constantine S01E01 : Anges et démons

Posté le 24 octobre 2014 par

Après une médiocre transposition cinématographique par Francis Lawrence en 2005 avec Keanu Reeves, c’est au tour de la télévision d’adapter le comic book Hellblazer, narrant les aventures de John Constantine. Avis à chaud après le pilot.

Développée pour NBC par Daniel Cerone (The Mentalist) et David S. Goyer (The Dark Knight, Man Of Steel), Constantine sera lancée le 24 octobre prochain, un vendredi. Difficile soirée pour les audiences, mais Hannibal a montré que c’était peut-être une case de prestige pour la chaine, et plus seulement une place pour les séries sur lesquelles on ne compte pas.

Liv Aberdine (Lucy Griffiths) et John Constantine (Matt Ryan)

Liv Aberdine (Lucy Griffiths) et John Constantine (Matt Ryan)

Les showrunners ont tout de suite affirmé qu’il voulaient suivre les comics et non pas le film. En cette période où les super héros et autres adaptations de bandes dessinées sont rois, c’est un choix évident. À la réalisation du pilot, on fait appel à Neil Marshall qui a officié cette saison sur Black Sails et bien sûr Game Of Thrones. Avec ce matériau de base aussi vénéré de par le monde, Constantine entre en scène avec une petite pression. Le chasseur de démons est interprété par le Gallois Matt Ryan qu’on a pu voir dans le Spin off de Criminal Minds, entouré de Lucy Griffiths (True Blood), Jeremy Davies (Lost) et Harold Perrineau (Oz, Lost).

L’introduction est classique, on y découvre un protagoniste torturé qui se fait interner volontairement pour ne pas faire face à ses démons. En voix off, le héros nous le répète. John Constantine est exorciste, et les démons ne sont pas qu’intérieurs. Il quitte l’Angleterre pour les USA, il ne peut renier sa tâche bien longtemps. Voilà un des premiers lieux communs du scénario, celui du personnage principal maudit, décidément trop usé pour continuer, mais qui a une mission à accomplir. Comme c’est écrit avec pas mal d’humour, il faut avouer que cela passe assez bien. L’épisode remplit son office en nous introduisant l’univers et ses codes, les différents protagonistes sont survolés. On se rend compte que Matt Ryan va être l’attraction principale et que toute la série repose sur ses épaules. Pour l’instant, il remporte le morceau. Son interprétation est convaincante, enlevée et drôle. Il aura peu-être un peu de mal dans un registre plus dramatique.

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Il y a un petit côté bien british dans Constantine. Au-delà de l’accent de Matt Ryan, on retrouve un second degré « à la Dr Who », un esprit kitsch totalement assumé. Pas sûr que cela plaise. La série semble arriver un peu trop tard. La structure, le ton, la façon dont tout cela est traité dans le pilot font un peu penser à ce que la télévision produisait fin des années 90, début 2000. Neil Marshall à la réalisation ne fait ici pas de miracles, ni de vagues. Mis à part un quelques plans bien sentis, c’est très sage. Nous sommes sur un network. Constantine ne semble pas pour l’instant bénéficier de la même liberté que Bryan Fuller et David Slade sur Hannibal, qui peut se permettre toutes les outrances visuelles. L’élégance et la folie ont laissé place au désuet.

Constantine prospecte donc du côté du geek, essaie de parler aux connaisseurs de la bande dessinée tout en diffusant une certaine ambiance « British ». On perçoit une volonté de faire dans le « culte », comme si les créateurs savaient déjà que les audiences ne pouvaient pas vraiment être à la hauteur et qu’il fallait jouer sur d’autres qualités pour survivre. Cerone, Goyer et Marshall réalisent un épisode introductif assez convenu, mais attachant. Constantine ne sera sûrement pas la fiction télé de l’année, mais elle peut être une petite friandise que l’on s’octroie chaque semaine, une série B que l’on regarde avec plaisir, lors de week-ends pluvieux ou entre amis.

Jérémy Coifman.

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Un commentaire pour “Constantine S01E01 : Anges et démons”

  1. […] parlais la saison dernière, le pilot de Constantine était loin d’être désagréable, mais il en ressortait une impression de gâchis. La […]

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