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Avez-vous déjà vu…The League ?

Posté le 22 octobre 2014 par

Arrivée à sa sixième saison la comédie de FX, diffusée maintenant sur la petite soeur FXX jouit d’une bonne réputation, mais reste assez confidentielle en France, de par son sujet : les ligues de Fantasy Football.

Pour un français, il est difficile avouons le d’avoir envie de regarder The League au premier coup d’oeil. Son pitch donne l’impression qu’elle est une comédie uniquement destinée au public américain. La série raconte les déboires d’une bande d’amis composée de Pete (Mark Duplass) , Kevin (Stephen Rannazzisi), Jenny ( Katie Aselton), Ruxin ( Nick Kroll), André ( Paul Scheer) et Taco (Jon Lajoie). La particularité de ce groupe est qu’il forme une ligue de Fantasy Football, un championnat qui se calque sur la véritable saison de NFL et qui rend particulièrement accro les fans de foot US. Pour les non initiés, toutes les références sont incompréhensibles, les véritables joueurs qui viennent en guest stars n’apportent aucune satisfaction. Cet élément peut dissuader n’importe qui de regarder ou de continuer la série. Mais ce serait une grave erreur : The League est une des sitcoms les plus drôles et trashs de ces dernières années.

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La série est en réalité une digne héritière de Seinfeld, avec son pitch et ses épisodes brassant du vent. Elle est créée par Jeff et Jackie Marcus SchafferJeff a été biberonné à l’école Larry David, puisqu’il a officié sur Seinfeld et Curb Your Enthousiasm (en plus d’avoir écrit Clear History téléfilm HBO avec David). Cela se ressent tout de suite. The League ressemble à une version de Seinfeld qui aurait moins de contraintes. Elle ne recule devant rien, et n’hésite pas à taper sur absolument tout avec une grande férocité. Elle a également l’intéressante particularité d’être semi-scriptée, signifiant qu’elle laisse un champ d’action à ses acteurs qui peuvent au gré de leur inspiration improviser les dialogues et les actions. À ce petit jeu, les acteurs sont tous formidables, tant et si bien qu’on ne se rend jamais compte de rien, on pleure juste de rire devant tant de talent.

L’humour de The League semble d’emblée un peu primaire, ciblant un public masculin et trentenaire. On y parle football, femmes, sexe, mais c’est surtout le « Trash Talk » qui règne en maitre. Beaucoup de séquences se résument au groupe qui s’envoie des méchancetés ou qui se moque d’un des leurs avec insistance. Trop écrite, ces séquences peuvent être vraiment mécaniques, on le voit par exemple dans The Big Bang Theory, ou l’on sait avec quel timing les répliques vont fuser et ce que la réponse sera. Ici, on ne sait rien. Les acteurs se surpassent sans arrêt dans l’ignominie et rivalisent d’ingéniosité pour trouver la vanne en or.

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Mais une sitcom ne peut uniquement se reposer sur les moqueries pour s’en sortir sur la durée et The League se révèle beaucoup plus diversifiée et ingénieuse que son pitch et sa mécanique laisse paraitre. Elle joue sur énormément de registres de la sitcom et y ajoute sa touche. Elle se sert du talent de chaque interprète et de leurs particularités, joue des différents comiques. La série passe du slapstick à la comédie musicale trash en un clin d’oeil, et surtout n’hésite jamais à faire dans l’humour transgressif jubilatoire. Ces personnages-là sont ignobles et on aime ça. Plus que Seinfeld, le show est peut-être un des seuls équivalents live de South Park de Trey Parker et Matt Stone, dans sa faculté à attaquer n’importe quoi et n’importe qui totalement gratuitement, en riant de tout sans peur. Dans The League, on se moque du sida, du cancer, de la mort, de la religion, il n’y aucun sujet tabou. Le show est également souvent assez cartoonesque, amenant les personnages dans des situations aussi incroyables qu’inconfortables.

Au-delà de sa facture transgressive et de son écriture particulière, la série est également une véritable sitcom réussie, qui n’oublie pas le genre qu’elle représente et qui le fait bien. Les Schaffer ont écrit des personnages très classiques dans le fond (l’idiot, le couple marié et rangé, le célibataire endurci, le souffre-douleur), qui développent au fur et à mesure des gimmicks irrésistibles et qui ont tous dans la série leur moment culte. Il n’y pas un personnage qui est laissé de côté par l’écriture, The League est avant tout une dynamique de groupe.

Alors bien sûr la série est irrégulière, surtout à partir de la saison 4, qu’elle se repose parfois trop sur ces guests stars (le génial Jason MantzoukasSeth Rogen), mais elle est tellement plus que son pitch qu’il est vraiment dommage de passer à côté. Chaque saison, c’est la série que je regarde avec toujours le même plaisir. Tant de méchanceté, de gratuité, de cynisme et d’égoïsme, ça ne peut-être que génial.

Jérémy Coifman.

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