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Vinyl Saison 1 : La décade de la décadence

Posté le 24 avril 2016 par

C’est qu’on l’aura attendu ce projet. D’abord à l’état de film, porté par Jagger, puis de série, produite par Mick Jagger et Marty Scorsese, puis à un moment annoncé comme un téléfilm, puis… peu importe. Elle est là. Avec Terence Winter rattaché au projet après une conclusion un peu précipitée de Boardwalk Empire, on sentait que le showrunner voulait s’y atteler avec impatience et insolence.

La frénésie. La gueule de bois. La frénésie pour récupérer de la gueule de bois. Que celui qui n’a jamais pris une cuite et un rail de coke pour se relever, puis un verre pour redescendre lève le doigt. Laissez Tonton Marty et Oncle Mick vous expliquer. Car les années 70, c’est, avant tout, ça: une décennie de fête, prolongement décadent de la précédente pleine d’idéaux. Avec les seventies et les années Nixon il y a une couille dans le potage, comme dirait l’autre. La merde est dans les rues, et les hippies d’hier sont les junkies d’aujourd’hui. Les bonnes familles commencent leur lente descente léthargique qui aboutira au milieu de la décennie à s’abreuver de machins aussi inoffensifs que The Eagles, REO Speedwagon, Journey, Kansas, Chicago, Boston… Allez, citez n’importe quelle ville, ça marche aussi. Et les gamins dans tout ça ? Ils ont besoin de frais, de ce truc qui va balayer d’un revers cette grande escroquerie. Et on est là, aux portes du truc, à attendre la prochaine sensation. Le glam déjà, avec l’alien roux venu montrer la voie, le disco, venu enflammer les dancefloors histoire de faire suer un peu plus sec, et puis le coup de chaine, l’épingle dans l’oreille, le punk venu mettre un coup de botte dans la tronche des derniers hippies.

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Parce que c’est ça que raconte Vinyl, cette lutte, avec d’un côté les A&R à la recherche de nouveaux talents pour vendre un paquet de rondelles cirées, et de l’autre ces gros moghuls et leurs égos démesurés, prêts à tous les risques pour imposer leurs poulains. Ces mecs manquent à l’industrie d’aujourd’hui, c’est un fait. Parce qu’il ne fait aucun doute qu’avec les méthodes limite mafieuses d’un Peter Grant (manager de Led Zeppelin) ou d’un Don Arden (découvreur des Small Faces et de Black Sabbath), le milieu était paradoxalement plus sain et les choses avançaient. Richie Finestra (Bobby Cannavale, impérial), c’est un peu la fusion des deux styles. Avec son swag à la Tony Montana, c’est autant un commercial tenu de maintenir son business à flot, qu’un visionnaire, habité par la rage de ramener le ROCK là où il n’y a plus que du roll (et encore, pas toujours).

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Le New York des années 70 était une jungle. Pas besoin de l’avoir vécu, il suffit d’avoir vu quelques films de Scorsese ou d’Abel Ferrara sur la période, pour s’en convaincre. Les dealers sur Time Square, les ciné porno sur la 42eme rue. La belle époque en somme. Si la série fleure bon l’authenticité, c’est qu’on a deux témoins de premier ordre aux commandes. Les Stones nous ont d’ailleurs offert l’un des plus beaux testaments sur le New York des 70s avec Some Girls en 1978. Les rues sont sombres, sales, mais sous les toits et dans les salles, la musique gronde, les choses bougent. En attendant l’avènement du disco un samedi soir, la fièvre est bien là, dans la caméra de Scorsese, et des talentueux réalisateurs du giron HBO, se baladant dans les bureaux d’American Century avec style, décadrant ses plans. Pour trouver l’inspiration, suivez la ligne blanche. Bien sûr, ils sont tous là, ou presque (Les New York Dolls, Led Zeppelin, Warhol, le Velvet Underground, Bowie, Alice Cooper, j’en passe…), servant plus de décorum que réellement l’intrigue, allant parfois jusqu’à l’apparition subtile (Bruce Springsteen, Joey Ramone). Mais on est là pour ça, on a payé notre billet, alors on le veut notre tour de manège. Premier arrêt: Mercer Arts Center. Prochaine Station: Max’s Kansas City. La suivante: Chelsea Hotel. Ils ne nous épargnent rien. Le pèlerinage rock devant sa télé, comme si on y était. Tout est méticuleusement reconstitué, et on sent le travail de recherche derrière (qui se souvenait que les concerts de Led Zep au Madison Square Garden en 1973 avait eu lieu à quelques jours d’intervalle avec l’effondrement du Mercer ?).

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Alors certes, c’est une série de flambeur, du genre qui regarde sa montre briller, les name dropping sont nombreux, mais passée l’installation des trois premiers épisodes, Terry et son équipe instaurent les enjeux et rapports de force entre les personnages, et soignent leurs dialogues avec un sens de la répartie qui rendrait jalouse la plupart des autres séries. Ce type a bossé sur les Sopranos, bordel !

Soudain, le drame. HBO et Terence Winter se séparent. Divergence artistique, probablement suite à une demande de remaniement du concept par la chaine. Et pourtant le problème ne vient pas de la série mais peut-être du public, revenu dans sa léthargie mid-70s. Alors que nous réservera la saison 2 ? Le prochain showrunner nous emmènera-t-il dans les bas fonds du C.B.G.B et du Studio 54 pour assister à l’explosion du punk et du disco ? A l’heure où la musique se meurt et où le monde s’endort, Vinyl était bien partie pour ramener la rage dans nos têtes. HBO en aura décidé autrement.

 

« But now don’t you blow it all

On a million dollar bet

Because you’re liable to lose it

On the best lovin’ you’ve had yet

I’m beggin’ yeah yeah oh yeah »

Human Being – New York Dolls

 

Anel Dragic.

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Un commentaire pour “Vinyl Saison 1 : La décade de la décadence”

  1. Dire que game of thrones les a changer c’est n’importe quoi, toutes les série de david simon ne font pas de grosse audience, mais ils continue a lui en comander, the leftovers a une trosieme et dernier saison malger les flop aussi, contrairment a vinyl c’est un suces critique, et on aquis une base de fans de niche. donc dire que hbo ne protege pas l’auteur, est faux,.
    son bordwalk empire baisait en qualité au fil des saison, les audience chutait, la série coutais cher, au lieu d’avoir 6 saison, elle a eu une saison 5 raccourcie et parlons pas de la catastrophe industrielle vinyl, plus de 100 millions investi en saison 1, audience castastrophique, il c’est pas foule le winter, un plagiat rate de mad men, des personnage féminin sans consistance, un personnage principal drogue qui n’avance pas, qui prend trop de place, mal écrit,une histoire de meurtre qui sert a rien, c’est sensé être une série sur la musique, pas un condenser de ce qu’a fait scorsesse dans sa carrière, les sosie de star de cette époque, y’en a quelque un tu sait pas trop si tu doit apprécier ou être gêner..
    évidement qu’il le vire, c’est la meilleure solution,pour essayer de rattraper ce qu’il peuvent mais les dégât sont fait, c’est malheureusement trop tard.
    hbo joue sa survie, en terme de série, car il ont que game of thrones la, true detective on c’est pas si y’aura d’autre saison, the leftovers na pu q’une saison a livrer, westworld a eu des problème de production, pause de tournage pour finir d’écrire les script des dernier épisode, les abandon successif des 3 serie avec david fincher, l’annulation d’une mini série commander a Steve McQueen’, la production de la mini série lewis and clark qui avait 4 épisode tourne, a été suspendue et le showruner virer, une autre personne a été engager pour réécrire tout les scripte, pour voir si c’est viable d’envisager de la recommander, et de tout retourner ou de abandonner purement et simplement.
    Comme tu voit hbo est en crise totale, et c’est pas le flop d’audience de vinyl qui va les aider, c’est peut être dur pour terence winter mais compréhensible pour hbo et son future, game of thrones ne va pas durer éternellement, il y’a westorld qui a le potentielle pour cartonner et va normalement tout emporter sur son passage, the deuce la nouvelle série de david simon.
    Il faut qu’il garde leur abonne et qu’il en gagne des nouveaux, starz est juste derrière eux en terme de chaine premium.

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