men of a certain age

Avez-vous déjà vu ? … Men Of A Certain Age

Posté le 5 juin 2014 par

Avez-vous déjà vu ? revient cette semaine avec Men Of A Certain Age, dramedie quelque peu passée inaperçue entre 2009 et 2011.

La série est développée par Ray Romano et Mike Royce, les créateurs de Everybody Loves Raymond, qui avait fait de Romano une superstar. Elle traite de la vie de trois amis d’enfance, qui vont avoir bientôt cinquante ans et qui font face à une crise existentielle.

MEN OF A CERTAIN AGE

de gauche à droite : Joe (Ray Romano) Terry (Scott Bakula) et Owen (Andre Braugher)

Pour interpréter ces trois hommes, il fallait des acteurs à la hauteur, charismatiques et talentueux. Ray Romano s’adjuge évidemment l’un des rôles. Pour les autres, ce sont des revenants qui sont choisis, des institutions aussi. Scott Bakula, l’éternel Samuel Beckett de Code Quantum, interprète Terry Elliot, comédien raté et vieillissant, séducteur patenté qui cache un grand mal-être. Le troisième larron est Owen Thoreau Jr, fils d’un important concessionnaire automobile cherchant à tout prix l’approbation de son père. André Braugher donne corps à ce personnage, après avoir joué l’inoubliable Frank Pembleton de la série de Tom Fontana, Homicide.

Men Of A Certain Age est diffusée pour la première fois en décembre 2009 sur TNT, qui depuis qu’elle a récupéré Southland à NBC, cherche le prestige avec des fictions plus matures. Pari réussi ici, avec une série qui ne ressemble en rien à ce que produit habituellement la chaine : Trois têtes d’affiche vieillissantes et un ton désabusé, pour un programme qui ne parle que du quotidien, ne relate que les problèmes banals de la vie de ces hommes. Cela se révèle touchant parce qu’on y croit. L’écriture est d’une belle justesse et les interprètes dont on connait le talent parviennent à nous embarquer avec un rien, uniquement leur amitié, qui apparait bien réelle. On a vraiment l’impression que ces trois-là ont grandi ensemble.

menofacertainage

Dans le superbe générique, qui résume en 30 secondes la jeunesse des trois protagonistes au son de la musique de When I Grow Up (To Be A Man) des Beach Boys, il y a une forme d’insouciance. Joe, Owen et Terry font la fête, draguent des filles, s’amusent. Des rêves plein la tête, ils finissent sur la route au soleil couchant, au volant d’une Chevrolet décapotable. Cette introduction nostalgique donne immédiatement le ton, et s’avère totalement désenchantée. Oui, ils ont grandi, sont devenus des hommes. Cette Chevrolet n’est plus symbole de liberté. Owen puis Terry vendent désormais ces mêmes voitures.

Men Of A Certain Age, c’est l’histoire d’hommes qui cherchent quelque chose sans savoir vraiment quoi, poursuivent le rêve de jours meilleurs, tentent d’exorciser leurs démons malgré tout. Aucun n’a eu la vie qu’ils souhaitaient, mais ils doivent dorénavant faire avec. La série traite du regret, des « et si », mais également de la possibilité de rédemption. Malgré le ton acerbe et la morosité des protagonistes, Men Of A Certain Age garde une tendresse et un humour qui fait mouche.

ray romano

On rit beaucoup, avec les personnages, et à leurs dépens. La série cultive plusieurs formes d’humour. Elle peut être potache, mais aussi plus fine avec un comique de situation parfaitement huilé. Elle joue du décalage entre ces quarantenaires et leur entourage qui ne parvient plus à les comprendre.

Elle n’aura duré que deux saisons et 22 épisodes, mais Men Of A Certain Age reste une très belle série à découvrir, par sa justesse de ton, son humour teinté de mélancolie et son trio d’acteurs sensationnels. Quand le parcours professionnel des trois hommes, en quête de rebond, se fond avec les personnages qu’ils incarnent, cela donne un caractère encore plus touchant à la série qui a une place bien au chaud dans mon cœur de sériphile.

Jérémy Coifman.

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