Wayward Pines : Le poids des références

Posté le 18 avril 2015 par

L’ouverture de Séries mania a été l’occasion de découvrir en avant-première mondiale Wayward Pines, la série évènement de M. Night Shyamalan, qui sera diffusée sur  Fox et sur Canal + en simultané. Retour sur le pilot.

Ethan Burke (Matt Dillon) ne comprend pas ce qui lui arrive quand il erre dans la ville de Wayward Pines dans l’Idaho. Il est interloqué quand une infirmière inquiétante lui prend sa tension et ne veut pas lui rendre ses affaires, il s’énerve quand un Shérif mange une glace et se fiche de lui quand il lui parle d’un cadavre découvert plus tôt. Nous, on sourit, parce que l’on sait que la situation que vit Burke n’a rien de normale et qu’il est déjà enfoncé dans un monde dont il ne pourra pas forcément se sortir. 

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Nous savons. Les pins à perte de vue, le panneau de bois annonçant « Bienvenue à Wayward Pines », immédiatement, la fiction de M. Night Shyamalan appuie ses références : Twin Peaks, Le Prisonnier, X-Files, Lost. Le terrain défriché par d’autres du feuilleton policier à tendance ésotérique sert de matériau de base au réalisateur d’Incassable. Il n’y a pas ou peu de surprise dans ce pilot, on sourit au passage du personnage de Dillon par tous les lieux communs du genre. Là réside la principale faiblesse de Wayward Pines, ne pas savoir surprendre, même si elle a plus ou moins digéré ses références. Cela peut gêner un peu, on veut peut-être plus qu’un melting pot, plus qu’un hommage, mais pour l’instant la série ne dépasse pas le statut de pastiche d’un genre qui va peut-être renaître avec Twin Peaks en 2016.

La mise en scène est tantôt élégante et mystérieuse, tantôt maladroite, surtout quand il s’agit d’illustrer les souvenirs, d’informer le spectateur. L’introduction est malhabile. Le passé des personnages, leur background est mal raconté, de façon trop ostentatoire, on sent que ce pilot passe par l’obligatoire phase explicative. Elle ne parvient, ou ne peut pas, networks oblige, tout faire passer par l’image, laisser une part de mystère. Le pilot en dit trop, et trop vite. Le mystère réside tout de même quelque peu, l’impression que Matt Dillon évolue dans une sorte de train fantôme excite quelque peu les sens. On sait tout ce qui va nous arriver, mais on en tire tout de même du plaisir. La gradation dans l’indignation de Burke est également ratée, tout dégénère trop vite, la tension n’a pas vraiment le temps de s’installer. Il aurait fallu faire durer un peu les choses, laisser l’inquiétante étrangeté de cette ville vraiment envahir l’écran et le personnage incarné par Dillon.

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Shyamalan surfe sur la vague de l’attendu. Ce temps d’avance des spectateurs sur les codes de sa fiction est un parti pris évident. Wayward Pines se place dans la même veine qu’Empire diffusée sur la même chaîne et qui elle aussi ressort du placard un genre pour lui redonner une seconde vie. Le cinéaste, comme Lee Daniels et Danny Strong sur Empire, a compris les codes du genre, il n’essaie pas de transformer le genre dans ce pilot, il livre juste sa variation. Sur ce pilot, on sent même qu’il pourrait aller plus loin, avec un méta texte sur la création, comme il l’avait fait sur La Jeune Fille de l’Eau par exemple, ou sur l’isolationnisme comme dans Le Village. Il faudra en voir plus pour développer. 

Pour l’instant, après un épisode, nous sommes un peu des Matt Dillon qui débarquons à Wayward Pines, mais avec le sourire. On dirait à Melissa Leo d’en faire moins dans l’infirmière effrayante, à Juliette Lewis de moins jouer sa Juliette Lewis, ou à Shyamalan de mettre la pédale douce sur la succession de lieux communs. La série donne quelques visions assez intéressantes, suscite même l’envie d’en voir plus, ce qui marque tout de même une semi réussite, mais ne parvient pas en 45 minutes, à se défaire de son statut de pastiche. Les deux prochains épisodes seront déterminants, attendons un mois maintenant pour les découvrir.

Jérémy Coifman.

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Un commentaire pour “Wayward Pines : Le poids des références”

  1. Est bien après avoir vu le 5éme épisode de la série…

    Voila pourquoi je me répéterai tout le temps, il FAUT regarder 5 a 6 épisodes d’une série pour la juger…et voir si on veut la continuer ou pas (vu comment le pilot c’est fait démonter par certain)!

    Excellent, c’est clairement pas du lost, trés bon rebondissement bien amener. Perso avec cette série j’ai plus la sensation de voir du X-Files (la foret de Vancouver, le coté fantastique et SF du show, et meme certaine fois l’ambiance), tout en restant unique.

    Bref, hate de voir comment tout ca va se terminer!

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