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Man Seeking Woman : Objet sériel non identifié

Posté le 28 janvier 2015 par

Petit mot rapide sur Man Seeking Woman sur Fxx qui surprend son monde avec un univers totalement fou.

C’est l’histoire banale d’un mec paumé après une rupture. Josh (Jay Baruchel) s’est fait tristement larguer et il a du mal à s’en remettre. Des histoires comme celle-là, on en a vu souvent, mais pas racontées comme dans Man Seeking Woman, créée par Simon Rich,ancien du Saturday Night Live, émission culte de la chaine NBC et écrivain. Sa série s’inspire de son recueil de nouvelles The Last Girlfriend On Earth : And Other Love Stories.

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On ne sait vraiment pas ou l’on met les pieds donc, en entamant Man Seeking Woman, on s’attend à une comédie douce-amère sur le célibat et la solitude dans une société moderne déshumanisée. Comme peut l’être un film récent comme Her de Spike Jonze par exemple. C’est peu ou prou ce que l’on a. Cependant la forme surprend quelque peu, tant elle s’aventure aux frontières du surréalisme et de l’absurde. Thématiquement, elle s’inscrit donc totalement dans la grille du Network aux côtés de séries comme Louie, dont la saison 4 pousse le surréalisme poétique à son paroxysme et You’re The Worst dont le traitement post-moderne de la vie de couple détonne dans le paysage télévisuel.

Il faut avoir l’esprit bien ouvert quand on regarde Man Seeking Woman, se laisser guider par l’absurdité et la folie de l’ensemble. Les pragmatiques auront bien du mal à s’y retrouver tant les situations sont soit totalement surréalistes, soit totalement stupides. La fiction de Simon Rich s’attache à imager ce qui se passe dans l’esprit de cet homme délaissé et mal dans sa peau. Dans un univers qui prend souvent des allures de comic book, les objets s’animent, le vague à l’âme prend les traits d’une photo qui vole ou d’un nounours caché dans un placard. En résulte une poésie charmante et on s’attache finalement bien vite à la série et Josh. Sans avoir l’air d’y toucher, Rich touche juste sur les sentiments de « l’adulescent », sur une société moderne et ses nouveaux codes sociaux (la scène du SMS hilarante) et se révèle en deux épisodes beaucoup plus profonde que sa bêtise apparente ne laisse suggérer.

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C’est le point le plus brillant de ces deux premiers épisodes : Man Seeking Woman est complètement folle ! L’influence du Saturday Night Live est bien vivace. Même si un manque de liant se fait sentir dans le déroulement des événements, le côté série à sketch se révèle excellent pour la puissance du gag. Certaines scènes, dont la fameuse « Hitler scene », font partie de mes plus gros fous rires de la saison. Rich se permet des choses incroyables, alternant les répliques de mauvais goût et une imagerie drolatique. On peut évidemment passer complètement au travers tellement la série évolue sur un fil, mais pour l’instant c’est la chose la plus incroyablement drôle que j’aie vue depuis bien longtemps. Il y a une volonté de pousser le bouchon en permanence, de marier connerie et tendresse, qu’il est impossible de rester insensible.

Jay Baruchel semble né pour le rôle, grand dadais aux allures de droopy en mal d’amour, il se meut maladroitement dans son environnement, toujours l’air ailleurs, toujours avec l’impression qu’il va dire  faire une bêtise. À ces côtés, le formidable Éric Andre ( Dont trust the bitch in apt 23, 2 Broke Girls) continue de jouer les seconds rôles avec talent. Il faudra bientôt songer à lui donner sa comédie tant son talent transpire de chaque scène. C’est aussi par eux, les acteurs, par leur regard ahuri, leur gestuelle outrée, que la poésie afflue, que Man Seeking Woman devient une comédie complètement atypique, et décidément très attachante. En deux épisodes, la série  frappe fort, et installe déjà un univers et des personnages. Maintenant que les codes de la série sont bien assimilés, voyons si la série sait garder sa fraicheur.

Jérémy Coifman.

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