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The Mindy Project saison 2 : Romantisme 2.0

Posté le 16 mai 2014 par

La série écrite et interprétée par Mindy Kaling réussit à passer le cap de la seconde saison avec succès. L’actrice/scénariste joue de son image d’indécrottable romantique, cultivée dans The Office par exemple, pour offrir sa vision de son genre de prédilection.

The Mindy Project est une série qui se cherche un peu, en constante évolution. On met en lumière certains protagonistes pour finalement les évincer quelques épisodes plus tard. En écartant les contraintes budgétaires de plus en plus difficiles à supporter, ces changements sont en accord avec le tempérament bipolaire de son personnage principal. Mindi Lahiri, docteur brillant, cherche l’amour, tout en gardant une part plus réaliste.

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The Mindy Project, en tant que titre, évoque autant la quête d’affection de Mindy Lahiri, l’alter ego, que la dure tâche qui attend Mindy Kaling, scénariste à la tête d’une série télé. On pourrait la comparer à Girls sur HBO, fiction où son auteur/actrice reste indissociable de son personnage. Biberonnée aux films de Nora Ephron ou Rob Reiner, Mindy veut rendre hommage aux longs métrages qu’elle aime tout en moquant gentiment leurs aspects les plus niais. The Mindy Project se révèle brillante parce qu’elle évolue dans un entre-deux non pas opportuniste, mais salvateur. Elle ne choisit pas vraiment entre la guimauve et le cynisme, comme Lahiri qui ne sait pas si elle doit continuer de rêver ou être plus pragmatique. Le second chapitre traite de cette douloureuse réflexion : doit-on vraiment se renier pour être heureux ?

Pour réussir un hommage à un genre, il faut en comprendre l’essence. Mindy Kaling a parfaitement saisi les codes de la comédie romantique et en joue avec un talent hors pair. Toute la saison s’articule autour du couple que Mindy forme avec Danny Castellano (Chris Messina), docteur au cœur tendre et à la maladresse attachante. À partir de là, elle brode un canevas des plus classiques, dans le très bon sens du terme. Les rôles secondaires sont de formidables archétypes, magnifiquement écrits. Tous auraient pu être le sidekick parfait de n’importe quelle comédie américaine. Ils apportent la fantaisie nécessaire, le petit sourire ou le juste conseil. Le coup de maitre reste l’ajout au casting d’Adam Pally (Peter Prentice) qui par son talent et son irrésistible gouaille a même réussi à éclipser le génial Ike Barinholtz (Morgan Tookers). Il représente ce qu’il manquait dans la première saison, une personnalité forte rivalisant avec Mindy, qui vampirisait absolument tout. Le récit est donc construite comme pourrait l’être une comédie de 1h40. Mais contrairement à l’année précédente, Mindy laisse du temps d’écran aux autres, leur offre quelques storylines. La comparaison avec Girls est encore une fois de bon aloi. Comme Lena Dunham, on sent Mindy à l’écoute des remarques, consciente de ne parler que d’elle. Les deux femmes manient l’ironie avec talent et savent faire leur auto critique.

Peter (Adam Pally), Danny (Chris Messina) et Mindy (Mindy Kaling)

Peter (Adam Pally), Danny (Chris Messina) et Mindy (Mindy Kaling)

La comédie romantique fonctionne donc à plein régime, et réveille la midinette qui sommeille en chacun de nous, homme ou femme. Mais le recul de la série sur ce qu’elle aborde est tout à fait rafraichissant et ouvre de plus vastes horizons à The Mindy Project. Chaque cliché va être joyeusement détourné, chaque morceau de guimauve passé au feu des aspects plus terre à terre de la vie. On rit parfois très fort de ce petit jeu entre Mindy et le public fan du genre.

Jusqu’à la séquence finale de la saison aussi enivrante que drôle, la scénariste ne choisit pas. The Mindy Project fait ses essais, tâtonne souvent, mais réussit son objectif. Elle prouve qu’on peut écrire de belles histoires d’amour sans renier ses doutes. Le pragmatisme et le romantisme ne font plus qu’un, là, tout en haut de l’Empire State Building.

Jérémy Coifman.

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Un commentaire pour “The Mindy Project saison 2 : Romantisme 2.0”

  1. […] une comédie romantique à la télévision peut être formidable, on en a encore la preuve avec The Mindy Project. A to Z essaie de marcher sur les traces de la série de Mindy Kaling avec une formule qui […]

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