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Profiler – Episode 1 : Shawn Spencer et Burton Guster (Psych)

Posté le 15 avril 2014 par

Pour ce premier Profiler, intéressons-nous à Shawn Spencer et Burton Guster de la série Psych, diffusée sur Usa Network durant huit saisons, et qui s’est achevée il y a deux semaines.

Nés à Santa Barbara, Shawn Spencer et Burton Guster symbolisent l’amitié avec un grand A, celle qui résiste aux temps et aux épreuves, tellement fusionnelle qu’elle crée souvent des désagréments pour l’entourage. De cette prime jeunesse passée dans la ville ensoleillée et tranquille de Californie, nous en retenons quelques bribes, des souvenirs marquants, des facéties impensables. Pendant un long moment, chaque épisode de Psych commençait par un flashback sur l’enfance des deux hommes. Cela mettait en lumière leurs actions présentes, donnait une indication sur la suite des évènements et pour ne rien gâcher fleurait bon les années 80.

Les jeunes Shawn Spencer et Burton Guster

Les jeunes Shawn Spencer et Burton Guster

Nous découvrons dans ces retours en arrière que Shawn et Gus se connaissent depuis toujours, qu’ils vont à l’école ensemble, et qu’ils vivent déjà des aventures peu communes. On peut imputer cela à Shawn, véritable diablotin, intelligent, mais aussi instable. Doté d’une capacité d’observation hors du commun, il se révèle comme un mentaliste de génie, ce qui lui attire pas mal de problèmes. Le jeune homme habite seul avec son père, Henry, depuis le divorce de ses parents. Le patriarche, inspecteur renommé de la police de Santa Barbara, cultive le don de son fils et lui apprend les ficelles du métier, l’entrainant parfois dans des endroits peu appropriés aux enfants. Le poste de son père n’aidant pas, Shawn se retrouve souvent livré à lui-même, profitant de ses occasions pour vagabonder. On sent toutefois que l’absence d’une figure maternelle lui pèse. Cet élément se révèle une cause évidente de son instabilité.

De l’autre côté, il y a le jeune Burton Guster, dit Gus. Sa famille respire la joie d’être ensemble, vie confortablement et demeure très présente pour leur fils. Gus représente tout ce que Shawn n’ait pas. Il travaille brillamment pour un avenir qu’il veut sain et plein de succès, tente de rester en dehors des problèmes et surtout, son caractère pleutre en fait le souffre-douleur de beaucoup. Son éducation se révèle trop étouffante, son champ de liberté bien trop réduit. Comme son ami, le garçon pâtit d’une solitude certaine. C’est ce qui va rapprocher les deux enfants et ce qui rend tellement touchante cette amitié. Gus et Shawn sont deux facettes du geek isolé. Leur attachement repose alors sur une dynamique classique, mais efficace. L’insouciance de Shawn attire systématiquement des ennuis à Gus. Lequel par loyauté ne s’éloigne jamais. Quand l’un fonce, l’autre agit comme conscience.

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Burton Guster (Dule Hill) et Shawn Spencer (James Roday)

Plus de vingt ans plus tard, rien n’a changé, ou presque. Shawn, comme son père, travaille avec la police de Santa Barbara, sauf qu’il se fait passer pour un médium et résout des crimes par son sens de l’observation. Gus a, de son côté, la petite vie tranquille qu’il souhaitait. Il oeuvre pour une compagnie pharmaceutique, et dispose même d’une voiture de fonction,  fierté parmi les fiertés. Pourtant, en dehors, il continue de suivre Shawn et l’aide dans ses enquêtes. Les deux amis n’ont clairement pas changé. Ils persistent à se comporter comme deux enfants, coincés dans un corps d’homme et ne cessent de provoquer l’incompréhension de tous. Ils gardent leur univers, quand tous ceux qui les entourent ont le cynisme et l’aigreur. Les 80’s demeurent une référence, Tear For Fears sont des dieux vivants et la morale de Breakfast Club un modo inébranlable. En apparence, rien n’a changé donc. Pourtant, la tristesse de Shawn se fait de plus en plus prégnante. Son immaturité cache surtout de profondes difficultés à s’engager dans quoi que ce soit. Seul Gus reste présent presque 24 h sur 24 dans sa vie. Beaucoup de problèmes surgissent du caractère fusionnel de leur amitié. Les deux hommes se trouvent pratiquement prisonniers l’un de l’autre. Beaucoup d’épisodes voient des relations de Gus sciemment détruites par pur égoïsme de Shawn, possessif parce que terrifié à l’idée d’être à part. Les rôles s’inversent quand Juliet entre en jeu. Elle redistribue les cartes, montrant que Gus a aussi grandement besoin de son ami.

Mais Psych n’est pas une bluette entre une policière et un faux médium, ou ne concerne pas des enquêtes cousues de fil blanc. La fraternité de Shawn et Burton est le cœur de la série. Dans un final un peu maladroit, les scénaristes useront même de leur possible séparation. Comme dans une histoire d’amour, Shawn et Gus se retrouvent au dénouement, ne pouvant pas subsister individuellement. Les deux personnages symbolisent un passage à l’âge adulte long et contrarié. Ils y parviennent tant bien que mal. Shawn accepte sa peur de l’engagement et Gus sort définitivement de sa zone de confort. Mais dans un dernier élan, une sorte de twist final aussi émouvant que complètement puéril, ils choisiront la vie d’éternels adolescents, poursuivant les méchants et bravant la mort, avec le sourire.

 …

 Jérémy Coifman.

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