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Semaine spéciale Mr Robot : Episode 3- Persistance rétinienne

Posté le 16 septembre 2015 par

On continue la semaine Mr Robot avec Yann K. et Monsieur Séries, on parle de premières impressions…

Je me souviens du premier teaser de la série et Rami Malek qui fixait ces tubes au plafond dans les couloirs du métro. En plus d’être d’une facture formelle séduisante, ce montage contrastait fortement avec ce que l’on attend habituellement d’une bande annonce pour le petit écran.
Mr Robot s’est effectivement avérée être dotée d’une mise en scène inspirée. Couplée au travail musical de Mac Quayle, la série de Sam Esmail dépassait mes attentes avec une immersion new-yorkaise singulière, rythmée et troublante.

Mais bien au delà de ce constat sensoriel, Mr Robot a comblé un vide dont je n’avais pas forcément conscience, elle a fait vibrer une corde sensible là, quelque part aux tréfonds de ma conscience en s’emparant d’un propos violemment anti-système avec justesse et ce sur une échelle rare pour le format sériel. Il y a bien sûr une critique attendue de notre naïveté face aux réseaux et puis de nombreuses banderilles anarchistes font leur apparition. Il y a ce féroce “I don’t give a shit about money” planté d’entrée de jeu par Elliot. Puis on observe pêle-mêle ici cette serveuse obnubilée par ses pourboires, là les remboursements interminables d’un prêt étudiant et rapidement l’idée d’une redistribution des richesses émerge. Pourquoi ne pas tout simplement effacer la dette ? Je me suis brutalement levé de mon canapé, j’ai le poing serré en l’air…

Oui, mais voilà, subitement, Esmail réussit ce tour de force qui consiste à tirer la nappe de la table sans renverser la vaisselle. La surprise passée, je retourne en arrière, je m’arrête sur certains points sensibles, je revois des épisodes entiers que j’avais déjà revus, et je me rends très vite à l’évidence : le salto arrière fut parfaitement exécuté, la réception au sol est sublime. Je ne peux qu’applaudir.

Reste cette impression diaphane d’avoir ressenti une intense émotion, le cœur qui battait la chamade avant de me retrouver hébété devant ce retournement presque trop réussi. Ascenseur émotionnel ou pas, je me languis d’éprouver encore cette rage Mr Esmail !

Yann K. >

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Pour tout vous dire, ma rencontre avec Mr Robot était assez atypique. Je venais de commencer mon blog il y a peu de temps, j’étais en plein upfronts, et je vérifiais un peu ce qui allait arriver cet été, et ce que j’allais pouvoir me mettre sous la dent pendant cette pause qui n’en fut plus une.

Le trailer était étrange, me faisait un peu peur, la technologie et l’informatique en particulier à l’écran c’est jamais vraiment glorieux. C’est mal foutu, plein d’incohérences et très vite dépassé.

Mr Robot a pourtant réussi dès son pilote à me faire comprendre que j’étais en présence d’une série pas comme les autres, une qui allait marquer ma vie de sérievore. Les épisodes passent et la réalisation et l’écriture m’agrippent de plus en plus et ne me lâcheront à aucun moment. À tel point que je regardais certains épisodes plusieurs fois d’impatience pour les suivants.

Cette série c’est aussi la découverte d’un acteur fabuleux en la personne de Rami Malek, la névrose il la tient, il la montre et ne l’exagère jamais. C’est un comédien juste à la voix (pour la partie off) envoûtante, quasi orgasmique. Mais aussi le plaisir de retrouver Christian Slater, le mal aimé. Je le suis depuis des années, de longues années même, et après avoir adoré Breaking In, bien aimé My own worst enemy, je l’ai trouvé excellent dans son rôle de Mr Robot. Il était écrit pour lui, pour sa façon de jouer, ses mimiques, son phrasé. Bref, le reste du casting n’est pas en reste, tous sont intéressants et finissent par avoir leur utilité dans cet énorme puzzle. Rien ni personne n’est laissé au hasard.

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Ce qui fait aussi de Mr Robot une série forte et prenante, c’est l’ambiance créée par Sam Esmail et son équipe. C’est sombre, gris, sans de grands espoirs pour l’avenir, dans l’image, dans la mise en scène. Même lorsque l’on fête une grande réussite il reste toujours un fond de cynisme très marqué. L’atmosphère y est lourde, aidée par une b.o juste parfaite, mélangeant les genres jusqu’à avoir une sonorité très orange mécanique dans son “générique”. Si si écoutez bien les quelques notes et faites la comparaison. Je suis convaincu que l’inspiration y est.

Monsieur Séries

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Un commentaire pour “Semaine spéciale Mr Robot : Episode 3- Persistance rétinienne”

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