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Chicago Fire : Retour vers le passé

Posté le 8 décembre 2014 par

Billet d’humeur du jour sur Chicago Fire diffusée sur NBC depuis 2012 et qui malgré les vieilles recettes est un des symboles de la renaissance de la chaine au paon.

Le quotidien d’une troupe de pompiers est un thème assez ciné/télégénique, il offre de multiples voies a explorer, que ce soit dans l’action pure ou des problématiques sociales, mais aussi dans le tragique et le comique. À la télévision, le mètre étalon reste Rescue Me, diffusé sur FX de 2004 à 2011, tant il offrait un panel d’émotion varié et un traitement à fleur de peau. Chicago Fire, de Michael Brandt et Derek Haas s’inscrit dans un autre registre : celui de la série  « à papa » sans que cela nuise complètement à l’ensemble.

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Le point le plus important à signaler est peut-être que c’est Dick Wolf qui produit. Oui, Wolf, le papa d’une des franchises policières les plus importantes de l’histoire de la télévision : Law and Order. Les séries de l’univers qui font le bonheur des chaines françaises depuis 20 ans qui les rediffusent dès qu’il y a un trou d’air dans leur programmation. On ne l’avait pas vraiment perçu quand la série a démarré en septembre 2012, mais on s’en est vite rendu compte : Dick Wolf veut nous refaire le coup. Il veut reprendre son trône de roi du cop show, asseoir son emprise sur la chaine et pourquoi développer plusieurs séries. On quitte New York donc, pour explorer les rues de Chicago. La recette, elle, reste totalement inchangée. Après une saison et demie de Chicago FireDick Wolf sentant que le vent tourne dans le bon sens lance un premier spin off : Chicago P.D,qui explore le monde policier. Puis une saison plus tard, il tâte à nouveau le terrain en lançant comme ça, sans vraiment prévenir, un épisode qui nous fait découvrir une équipe médicale. Pour l’instant, pas de second spin-off à l’horizon, mais on peut être sûr que l’idée est en train de germer en coulisse.

Dick Wolf a une expérience qui n’est pas négligeable et il sait écrire des « procedurals » efficaces et tendus, questionnant sans cesse le téléspectateur. À l’époque de Law and Order première du nom, c’était révolutionnaire, parfois même brillant. Aujourd’hui, la recette semble un peu éculée. L’émergence des séries du câble ayant changé la donne. Pourtant la recette de Chicago Fire parvient à fonctionner. La série est écrite comme un drama des années 90. Les personnages sont archétypaux, mais attachants, les situations sont prévisibles, mais le récit est fluide, l’écriture soignée. Chicago Fire est une madeleine de Proust pour les fans de séries 90’s. C’est un peu le vieux fauteuil dans lequel on aime bien s’asseoir, même si on sait pertinemment qu’il est usé jusqu’à la corde et qu’il faudrait s’en débarrasser. C’est une série pleine d’invraisemblance, à la morale un peu réactionnaire par moment, mais on la suit comme on écoute un aîné qui nous raconte de vieilles histoires.

Chicago Fire - Season Pilot

Bon j’arrête les comparaisons douteuses. Mais Chicago Fire a la dignité des vieux dramas dans l’écriture. On a le droit aux sempiternels triangles amoureux, aux histoires de drogues, la série est même atteinte du « syndrome Urgences «  tant les personnages semblent sujets aux catastrophes diverses et variées. Mais peu importe l’aspect totalement artificiel des intrigues, on s’attache à Chicago Fire et à ses personnages. Dick Wolf réussit son pari et la série se maintient très bien dans les audiences. Elle n’est jamais brillante, très mécanique et aux enjeux trop prévisibles, mais elle détient vraiment la noblesse d’un autre temps et le savoir-faire d’un producteur qui a toujours la flamme.

Jérémy Coifman.

 

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