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 Louie S04E01/02 : L’absurdité du quotidien.

Posté le 15 mai 2014 par

Louie est enfin de retour, après plus d’un an et demi d’interruption. Il était temps. Retour sur les deux premiers épisodes.

La saison s’ouvre sur une scène magnifique. Louie (Louis C.K) dort paisiblement, quand des éboueurs arrivent pour faire leur travail en bas de chez lui. Évidemment, il devient difficile de se reposer dans ces conditions. Impossible non plus de ne pas s’imaginer dans la même situation. Puis la séquence bascule. D’une mésaventure anodine qui prête déjà à sourire, l’on passe à un surréalisme poétique où les éboueurs brisent les fenêtres de l’appartement du comédien , et déversent des déchets sur lui, en poursuivant leur cacophonie. En une petite saynète de moins de 5 minutes, on reprend nos marques, une ambiance familière, un sens de la poésie absurde que l’on ne voit actuellement nulle part ailleurs.

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On avait quitté Louie en Chine, dans un final apaisé et émouvant, pour le retrouver dans le bruit et l’inconfort, qui caractérise sa vie New-Yorkaise. Si le personnage règle ses problèmes, il perd de son intérêt. Le voilà de retour avec des voisins insupportables, des filles toujours aussi ingrates et un travail qui le pousse dans des sommets d’embarras et une solitude de plus en plus grande. Ces deux chapitres sont une succession de sketchs mettant en exergue la difficulté du quotidien du comique. Cela imprime un rythme assez soutenu. Mais hélas, ces saynètes alourdissent l’ensemble, même si elles restent dans une thématique semblable. Dans le premier épisode Louis C.K parle des vérités qui ne sont pas bonnes à dire et dans le deuxième des aléas du comédien, de la complexité de nouer une relation. Pourtant, plus de liant serait le bienvenu et la présence d’un fil rouge va être nécessaire pour que la saison prenne vraiment son envol. On se souvient du somptueux arc « Late Show » qui reste clairement comme le meilleur moment de Louie.

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Les événements du second épisode avec Yvonne Strahovski et Victor Garber en guest seront peut-être les déclencheurs de cette continuité. Ce segment offre de belles promesses pour la suite, car il contient tout ce que l’on aime dans Louie : l’absurdité, le malaise, et une formidable façon de jouer des petites parenthèses de l’existence, des bouffées d’oxygènes que la malchance chronique du personnage vient irrémédiablement parasiter. Louie évolue toujours en décalage avec ceux qui l’entourent, ne parvient pas à les comprendre autant qu’à se faire entendre. La mise en scène de la rencontre entre Louie et Blake (Strahovski) reste à cet égard exemplaire, elle sort la série du cadre de la sitcom, en étant signifiante. Quand le protagoniste n’arrive pas à communiquer, on éloigne son interlocuteur au second plan, flou et inaudible. Louie préfère continuer de crier plutôt que de se rapprocher. En une séquence fixe, tout est dit. La poésie de l’instant est là, mais sans cesse gâcher par des évènements incontrôlables ou par le mal-être du comédien.

La série conserve son caractère dépressif et profondément humain, ce malaise constant et entretien cette envie irrépressible de tendre une main à ce personnage de loser attachant. Surtout, Louie garde sa vision acerbe, mais juste des petits riens de l’existence. Tant et si bien qu’on s’y retrouve tous un petit peu. Elle est une série qui parle d’abord de son auteur, mais son universalité est incontestable.

Jérémy Coifman.

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